Une cuisine contemporaine, est-ce que cela vieillit bien ?
Ce qui date une cuisine n’est presque jamais sa ligne : c’est l’accumulation. Une façade lisse, une teinte tenue et un seul parti pris traversent dix ans sans effort, parce qu’ils ne racontent rien qui se démode. Ce qui vieillit vite, en revanche, c’est la couleur de saison posée partout à la fois, la poignée qui fait signe et la crédence à motif, réunies dans la même pièce. Notre règle de conception ne change pas : une base neutre, deux partis pris qui se répondent, jamais trois.
Est-ce possible dans une cuisine de neuf mètres carrés ?
C’est même le terrain où ce registre est le plus utile. Une façade lisse ne découpe pas la pièce, une teinte claire lui rend de la lumière, et sans poignée la ligne des façades ne casse jamais — ce qui compte quand un passage fait moins d’un mètre. Regardez les formes de plan affichées plus haut : les cuisines en L, en U et en ligne y sont volontairement nombreuses, parce que ce sont celles des maisons de bourg et des appartements que nous refaisons le plus souvent.
Contemporain ou affirmé : où passe la limite ?
Elle passe à la teinte, pas à la forme. Les deux registres ont les mêmes lignes droites et les mêmes façades lisses ; le contemporain choisit une teinte qui laisse la pièce parler, l’affirmé choisit une teinte qui parle à sa place. Concrètement, une même cuisine dessinée à l’identique bascule d’un registre à l’autre en changeant la façade et le plan de travail — et rien d’autre. C’est pour cela que plusieurs de nos ambiances figurent dans les deux.